Alors que la décision sur la suite du championnat sera prise lundi 16 mars, le manager sportif Joe El Abd nous livre son sentiment sur les performances des Oyomen lors du dernier bloc. Il revient sur les satisfactions dont la victoire face à Grenoble et l’état d’esprit affiché. 

Qu’est-ce que tu as pensé des performances de l’équipe pendant ce bloc ?

C’est un peu mitigé, surtout après le premier match à domicile. Le bloc n’a pas commencé comme nous le voulions. Ce match était compliqué pour plusieurs raisons, mais surtout parce que les joueurs voulaient prouver qu’ils étaient forts, ils voulaient gagner trop vite avant de construire leur match. Quand on fait cela, souvent ça se retourne contre nous.

Nous avions besoin de vite rebondir parce qu’on peut vite couler après des performances comme celles-là. L’équipe s’est reconcentrée, elle a fait une bonne semaine de travail pour livrer un très bon match sous pression. Avoir gagné ce match contre Béziers nous a aidé à rebondir sur une bonne dynamique.

A Colomiers c’était un match compliqué, chez le leader, nous avons montré des valeurs de solidarité, nous nous sommes battus jusqu’à la fin et nous avons mérité ce bonus défensif.

La semaine dernière c’était un peu la finale du bloc, face à une équipe de Grenoble que nous n’avions plus battu depuis 2014. Après un début encore compliqué, l’équipe a montré qu’elle était sûre de ses forces. Remonter au score et marquer quarante points c’était impressionnant et cela montre de quoi nous sommes capables si nous jouons tous ensemble.

Vous avez joué trois matchs à domicile et avez livré trois prestations totalement différentes 

Pour le premier match nous nous sommes trompés de combat, nous voulions prouver à tout le monde que nous étions les plus forts, qu’ils avaient tort. Ce n’était pas le bon état d’esprit, il faut d’abord construire la victoire avant de penser au bonus et rester humbles, avoir le respect de l’adversaire. Ce n’était peut-être pas le cas contre Rouen.

Contre Béziers c’était très costaud, avec quarante minutes de temps de jeu effectif, soit autant que lors des matchs du Tournoi des VI Nations. Gagner ce match sous pression était important et nous avons continué de monter en puissance contre Grenoble. Les matchs contre Béziers et Grenoble ont montré un beau visage des Oyomen.

Qu’est-ce que tu as pensé de l’équipe et de son comportement pour le seul match à l’extérieur dans ce bloc ? 

Le comportement était très bon, nous nous sommes déplacés à Colomiers pour aller nous expliquer avec une grosse équipe, nous avons fait une bonne première mi-temps. Les matchs tiennent à peu de choses, il y a eu quelques décisions, quelques rebonds qui n’étaient pas en notre faveur et qui nous ont empêché de rester dans le match. La fin de match montre que nous sommes soudés, tous ensemble, c’était important de montrer que nous étions là.

Après le match de Colomiers, tu avais parlé de l’état d’esprit que tu souhaitais retrouver pour la réception de Grenoble. Penses-tu que l’état d’esprit affiché à Colomiers a été un déclic ?

La fin de match nous avait donné de la confiance, nous n’étions pas contents d’avoir perdu mais nous étions contents de l’état d’esprit. Nous nous sommes bagarrés avec une équipe costaud et nous avons continué cela contre Grenoble. Quand tu es mené de treize points ce n’est pas facile de rester calme, les leaders ont su trouver les mots et à la fin du match c’était top. 

Quand tu as vu le score de 13-0 après dix minutes de jeu face à Grenoble, qu’est-ce que tu as pensé ?

J’ai pensé que ça allait être compliqué (sourires), surtout après le match contre Rouen à domicile. Malgré tout, nous avions tous en tête le match contre Biarritz où nous étions menés de dix-sept points. Nous sommes restés zens, solidaires, nous avons vite inscrit trois points importants. Cela nous a permis de rentrer dans le match et d’inscrire quarante points face à un concurrent direct.

Est-ce que c’est un match référence ? 

C’est un match référence parce que c’est face à un adversaire costaud, qui est venu pour s’expliquer avec nous, un adversaire qui posait des problèmes au club depuis des années. Maintenant nous pouvons avancer vers la fin de saison.

Après une prestation comme celle-ci, est-ce qu’il n’y a pas un peu de frustration de ne pas jouer pendant deux week-ends ? 

Nous avons quelques blessés à gérer. Nous voulons continuer de jouer, de progresser, même dans les matchs compliqués nous avons appris beaucoup. Nous savons maintenant que quand il y a de la pression autour de nous, nous devons nous concentrer sur notre travail et ne pas nous éparpiller. C’était une bonne leçon pour nous, la pression va accroître d’ici la fin de saison donc ça va nous aider. Il faut continuer de monter en puissance parce que les grandes échéances arrivent.

Sur ce bloc ça a été les montagnes russes avec le public, avec la grogne après Rouen et l’osmose pour Grenoble 

Je comprends les supporters, après Rouen nous étions déçus, les joueurs ne travaillent pas toute la semaine pour livrer ce genre de performance. C’était vraiment bien de voir les supporters derrière l’équipe contre Grenoble. Même quand nous étions menés, nous avons senti qu’ils ne nous avaient pas abandonné. Il faut qu’ils comprennent que nous avons besoin d’eux même dans les moments difficiles. Ils ont mal quand nous avons perdu contre Rouen, mais les joueurs ont eu encore plus mal, il faut que nous restions tous solidaires.