Guillaume Boussès arrivé à l’USO à l’été 2013 fait figure d’ancien dans ce tout nouveau groupe. Il se livre sur les nouveaux joueurs, le staff, et la reprise du championnat demain à Montpellier.

Changement de staff cette saison, changement de méthode également ?

Oui après la belle saison l’année dernière, on part sur un nouveau challenge même si l’USO reste l’USO. Après les arrivées de nouveaux joueurs et nouveaux entraîneurs permettent de mettre en place une nouvelle dynamique, on a tous hâte d’en découdre pour savoir où on en est. On travaille pour construire une nouvelle histoire avec ce nouveau groupe qui arrivera à éclosion on espère samedi au bon moment.

Comment s’est passée l’intégration des nouveaux ?

Plutôt bien contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, tous les nouveaux joueurs s’adaptent facilement à la communauté haut-bugiste. Ils sont plutôt contents d’avoir trouvé ce tempérament que ce soit sur ou en dehors du terrain. Ce sont des gens très ouverts qui cherchent à savoir pourquoi tout a si bien marché la saison dernière. Ils sont curieux de savoir ce qu’on a pu vivre avec les supporters mais également dans notre vie de groupe.

Comment est-ce que vous les anciens vous leur inculquez cette notion d’Oyomen ?

Oyomen on ne le sera peut-être pas tout de suite. Il faut que ça se forme, que ça se forge, certes la préparation a été faite en ce sens-là, la cohésion a été voulu par les coachs pour que l’on puisse se retrouver très rapidement ensemble. Je pense que c’est la culture d’Oyonnax, la culture des coachs qui inculquent aussi un renouveau pour le club qui fera que ce seront de nouveaux Oyomen. Il n’y a pas de continuité parce qu’il y a eu beaucoup de changements, on part sur de nouveaux Oyomen qui seront tous frais, tous beaux, avec un nouveau terrain sur lequel on ne devrait pas se salir (rires). On espère que l’on revêtira l’armure des Oyomen le plus rapidement possible.

Nous avons beaucoup de similitudes avec cette équipe de Montpellier, avec un nouveau staff, de nouveaux joueurs, de nombreux départs

Ils sont dans le renouveau, ce seront deux équipes qui se jugeront samedi. Les quatre matchs qui arrivent vont être importants pour les deux équipes puisqu’il y aura une trêve de quelques semaines. Il est important de ne pas sombrer au bout de quatre matchs au fond du classement, il faut quand même montrer un beau visage.

Qu’est-ce tu penses de cette équipe de Montpellier ?

Dure, costaud, c’est une équipe avec un entraîneur étranger donc un système différent, même si l’année dernière il y avait beaucoup de joueurs français. Je pense que cette année ils sont plus aguerris avec l’apport de joueurs étrangers plus susceptibles de comprendre la philosophie de l’entraîneur. Elle peut être dangereuse, on en saura plus samedi à 18h30 au moment du coup d’envoi.

Est-ce que tu penses que l’on arrive cachés à Montpellier avec les deux défaites en match amical ?

Ce n’est pas une question de faiblesse ou de force, si l’on regarde de façon factuelle on perd deux matchs de préparation, les gens peuvent dire que nous ne sommes pas bons parce que le bilan est de deux défaites. Aujourd’hui les personnes sensées ne regardent pas que les résultats, elles regardent le contenu, comment vit le groupe et comment il travaille. On verra s’ils nous ont bien jugé ou pas par rapport à cela.

Penses-tu qu’il y aura encore un effet de surprise cette saison ?

Un peu moins, on sera beaucoup plus attendus même si le groupe a beaucoup changé, l’étiquette d’Oyonnax reste la même. Cette troisième saison en Top 14 va s’annoncer ardue parce que tout le monde ne nous attendait pas l’année dernière à cette place. Pour ces gens-là il faudra remettre à leur place où ils voient Oyonnax, à nous de nous battre et faire en sorte que l’on soit bien représentés.

Le bloc de 4 matchs qui arrive est-il déterminant pour la saison ?

Pour la saison non, parce qu’il restera encore beaucoup de matchs derrière, mais c’est surtout une marche à suivre avant d’avoir une grande plage de repos pendant la Coupe du Monde. Il faut quand même ne pas perdre de points à la maison, à l’extérieur en grappiller le maximum. Maintenant si on perd les matchs ce ne sera pas catastrophique mais il faudra rapidement renverser la situation dès la reprise. Pendant ces quatre semaines sans match il va falloir travailler dans la continuité.

Stéphane (Glas, entraîneur des trois-quarts) vient de Montpellier, est-ce que ça peut être un plus sur ce match ?

Stéphane connaît le terrain, pour les buteurs c’est important pour appréhender le vent, pour y avoir joué plusieurs fois il est assez tourbillonnant. Il aura des points de repères pour savoir comment jouer sur la largeur, les petits détails qui font que chaque stade est différent. Il connaît également le contexte là-bas, il a fait une demi-saison avec Jack White donc il connaît les rouages. Mais ce n’est pas parce que l’on connaît la feuille de route de ces équipes-là que l’on est à même de les battre. Ca dépendra de l’engagement que l’on va y mettre, la détermination et l’envie.

Est-ce que les absences des joueurs sélectionnés pour la coupe du monde peuvent redistribuer les cartes ?

Plus ou moins, ça nivèle certaines équipes, ça amputera certaines équipes comme Toulon qui a pas mal de sélectionnés, même si leur président a fait en sorte qu’il n’en manque pas beaucoup au final. Ca peut aider les petites équipes, affaiblir les « grosses » équipes. Pourquoi pas profiter de ce calme avant le retour des internationaux.

Selon un sondage réalisé par le Midi Olympique, les entraîneurs du Top 14 voient l’USO relégué à la fin de saison. Olivier (Azam, directeur sportif) nous a dit qu’il ne lisait pas les journaux, est-ce que toi en tant que joueur tu te nourris de ce genre de choses ?

C’est presque un lot quotidien depuis deux ans, c’est l’image que l’on donne avec les petits budgets, des clubs qui sont susceptibles de descendre. On ne fait pas forcément rêver les autres équipes. Quand les autres équipes venaient jouer dans la boue ce n’était pas forcément plaisant, ils n’avaient peut être pas envie de venir mais quand on fait partie du Top 14 on doit se déplacer partout. On a su tirer notre épingle du jeu à ce niveau-là pendant deux saisons. Maintenant le travail du staff apportera aussi son lot de surprises je pense tout au long de la saison. C’est à la fin du bal que l’on paye les musiciens donc on verra bien.