ENTRETIEN AVEC LE PRÉSIDENT THIERRY EMIN

Le Président Thierry Emin s’exprime sur la demi-finale perdue samedi dernier face à Bayonne, il dresse un bilan de la saison écoulée et se tourne vers le nouveau projet porté par Joe El Abd.

Président revenons sur la demi-finale, quel est le sentiment qui ressort de cette rencontre ?

Il y a beaucoup de déception, surtout par rapport au scénario, c’est un match que nous maitrisons à la mi-temps. La première mi-temps a été en deux temps, avec un quart d’heure qui nous permet de franchir trois fois et d’être devant au score. Et puis il y a cette deuxième mi-temps, nous ne comprenons pas trop ce qu’il se passe. Bayonne joue bien le coup, nous sommes privés de ballons, nous nous faisons remonter et même dépasser au score.

J’ai beaucoup de déception pour notre environnement par rapport à ce match parce qu’il y avait de l’attente. Nous avions dit que nous voulions jouer le haut de tableau et être dans les deux premiers, l’un de nos objectifs a été atteint. Il faut rester positif par rapport à la saison que nous venons de faire mais elle n’est pas aboutie en termes de résultats puisque nous n’accédons pas au Top 14.

Notre faiblesse des phases finales est criarde depuis l’année dernière à Grenoble. Pour nous Directoire, cette défaite reflète certainement le pas à franchir pour être une équipe leader. Malgré les excellentes individualités l’esprit d’équipe Oyomen n’a pas été retrouvé, c’est le grand chantier de Joe de construire un groupe avec une âme. Avec cet état d’esprit nous retrouverons l’affluence au stade, l’osmose avec la vallée et la confiance des partenaires. Nous devons placer l’équipe au centre du projet.

Vous en parliez un des objectifs est atteint avec cette demi-finale à domicile, il faut souligner que c’était une première historique pour le club

J’avais qualifié ce match d’historique dans l’histoire du club. Il y a encore quelques années nous aurions été très satisfaits d’être à ce niveau-là. Il ne faut pas croire que ce soit devenu une norme d’être dans les deux premiers du championnat de ProD2, même si nous avions une équipe compétitive. Nous y sommes arrivés, c’est ce qu’il faut retenir mais il n’y a pas que cela.

Il y a l’ambiance de ce stade Mathon retrouvé pour cette demi-finale, cela nous montre que nos supporters, notre public sont là et que nous sommes capables de faire de grandes choses avec eux. Certes nous avons perdu mais ce public m’a fait énormément plaisir, c’est quelque chose de positif qu’il faut souligner mais qu’il faudra garder. L’équipe a besoin de son public et il faudra faire la même chose la saison prochaine.

La saison s’est achevée sur cette déception mais il y a énormément de points positifs quel bilan en tirez-vous ?

Au niveau sportif je soulignerais le travail sérieux qu’il y a eu tout au long de la saison, les joueurs se sont impliqués dans le projet de jeu des coachs. Il y a eu des joies, des peines, des déceptions extra sportives que j’ai eu l’occasion d’exprimer. Des matchs que nous n’aurions pas dû perdre que ce soit à domicile ou à l’extérieur, je ne vais pas les lister, ça n’a pas grand intérêt mais tout le monde sait de quoi je parle.

Nous avons eu un Mathon retrouvé quand il a fallu se serrer les coudes. Le Directoire s’était exprimé sur une baisse des partenariats qui nous pénalise forcément en cette fin de saison. C’est une frustration pour ma part qui peut remettre des choses en cause.

Vous aviez évoqué en cours de saison la remise en cause de la gouvernance du club, est-ce que cette défaite en demi-finale a une incidence là-dessus ?

Le Conseil de Surveillance s’est réuni le mardi 21 mai, le sujet de la gouvernance a été abordé mais à l’unanimité il a renouvelé sa confiance au Directoire et aux présidents pour mener à bien le nouveau projet avec Joe El Abd.

Si l’on insiste sur les aspects sportifs, c’était la première saison de l’Oyo Elite, c’est une grande réussite

Si nous regardons le nombre de joueurs de l’Oyo Elite qui ont joué avec l’équipe professionnelle c’est une vraie satisfaction. Sur la demi-finale il y en avait six sur la feuille de match. Nous allons pouvoir compter sur ces joueurs, capitaliser et d’autres arrivent derrière. Le virage pris par le club sur la formation depuis deux-trois ans, renforcé par l’Oyo Elite cette saison, c’est là où nous voulons être et c’est important pour la pérennité du club dans le haut niveau.

Cela renforce également cette volonté de vous tourner vers le territoire et de former des jeunes d’ici, est-ce qu’à terme c’est un objectif d’avoir un pourcentage de l’effectif formé au sein du club ?

Clairement, tout ce qui est mis en place au niveau de l’association va dans ce sens. Nous avons structuré toutes les catégories avec des entraîneurs diplômés. Nous savons que les potentiels sont là, ce qui est important c’est l’encadrement pour faire émerger des talents.

Les Cadets Alamercery et Gaudermen se sont qualifiés pour les phases finales du championnat de France, les Crabos sont à une marche de la qualification et les Espoirs se maintiennent dans la poule Elite, c’est un bel objectif parce que le niveau est très relevé. Enfin les Minimes sont qualifiés pour la finale du Super Challenge de France. Toutes les catégories ont globalement rempli leurs objectifs et cela montre qu’il y a une vraie vie dans ce club chez les jeunes.

Il y a également l’ouverture de l’Académie Fédérale à Oyonnax dès le mois de septembre prochain

Là encore c’est le travail des Présidents de l’Association avec tout leur staff. C’est une reconnaissance de la Fédération Française de Rugby pour la ville d’Oyonnax à travers les trois lycées d’Oyonnax et Nantua. Ils recevront cette Académie Fédérale avec le lycée Arbez-Carme en chef de file. C’est un juste retour du travail fourni par l’Association. Cela nous permettra encore plus de nous associer avec des clubs alentours pour qu’ils aient le niveau scolaire attendu dans ces lycées et l’accompagnement sportif avec la Fédération Française de Rugby et la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes de rugby.

L’arrivée de Joe El Abd devrait insuffler de la nouveauté, un nouveau projet, quelles en sont les grandes lignes ?

Nous avons un objectif très clair et qui doit fédérer tout le territoire, c’est redonner du plaisir. Nous allons arrêter de parler de résultats, nous voulons jouer le haut de tableau mais avant tout nous voulons redonner du plaisir à nos supporters, à nos partenaires. Il faut que les joueurs prennent énormément de plaisir, que le staff comme les salariés du club soient contents de travailler pour ce club et qu’ils soient les fondateurs de quelque chose de nouveau. Nous n’aurons pas d’autres objectifs que celui-ci, nous nous donnerons les moyens de le faire, c’est vers cela qu’il faut tendre.

Redonner du plaisir c’est le leitmotiv pour la saison prochaine, quels seront les moyens mis en œuvre ?

Nous voulons refondre la relation que nous avons avec le territoire. Joe, en tant qu’ancien Oyoman, est très ancré dans cette démarche, il veut remettre sur le devant de la scène ce statut d’« Oyomen » et ses valeurs.

Il veut faire participer les joueurs et le territoire à des démarches. Il y aura des points de rencontre réguliers en ville, au stade ou dans des lieux du territoire du Haut-Bugey de manière à ce que tout le monde se sente impliqué dans le club. C’est forcément la clé de la réussite de notre futur projet qui s’inscrit sur trois ans avec Joe. Nous voulons retrouver ce que nous avons peut-être perdu et ce qui a fait notre force pendant de nombreuses années.

Nous devons retrouver la cohésion et l’envie de se surpasser pour ce territoire et pour ce club. L’osmose entre joueurs et supporters doit se faire de nouveau, nous nous battons pour les mêmes couleurs. Nous avons tous un rôle à jouer dans ce nouveau projet, mais il ne peut y avoir de grande équipe sans grands supporters. Et à ce titre nous pouvons remercier l’Amicale des supporters de leur soutien tout au long de la saison.

Est-ce que ce projet de retrouver du lien avec les supporters va se concrétiser par quelque chose dans le stade Mathon ?

J’avais évoqué lors de la soirée des abonnés en janvier 2019 que nous travaillions avec les collectivités sur un projet d’espace réceptif bodega dans le stade. Nous sommes toujours à l’œuvre sur ce projet, je pense qu’il verra le jour avant la fin de l’année mais pas à la rentrée sportive. Il faut que Mathon soit un lieu de vie, certes on vient voir un match de rugby mais on vient passer un moment convivial entre amis, en famille. On vient se détendre, écouter de la musique, jouer. C’est ce que nous souhaitons construire et ce sera dans l’objectif de donner du plaisir.