Le Président Thierry Emin s’exprime sur le début de saison d’Oyonnax Rugby, les satisfactions et le lien retrouvé avec le public. Il en profite pour faire une annonce autour des 110 ans du club Noir & Rouge.

Président, le premier bloc vient de se terminer, au-delà des résultats sportifs, qu’avez-vous retenu de ces quatre premiers matchs ? 

Nous nous sommes fixés comme objectif pour cette saison de retrouver du plaisir à tous les niveaux. Non seulement au niveau des joueurs mais également pour les partenaires, les supporters et notre environnement au sens large. La transformation est significative sur ce point, nous avons réellement eu une adhésion autour de l’équipe, un engouement que nous n’avions pas vu depuis longtemps, je retiens ce point essentiel. 

Nous nous attacherons toujours aux résultats sportifs et les deux premières journées à domicile ont été un succès. Le stade était heureux, enthousiaste derrière son équipe qui performait. Notre club est en mouvement, l’équipe d’animation a su répondre à cet objectif de plaisir et ce qu’il se passe sur la communication est un élément positif. Toutes ces évolutions sont à retenir sur ce premier bloc.

Sportivement tout n’est pas parfait et nous savions qu’avec un changement de projet de jeu, un nouveau directeur sportif, de nouveaux joueurs nous aurions des ajustements à effectuer. Tout le monde doit trouver sa place, nous sommes des compétiteurs, il faut avoir de la patience sur une saison qui sera très longue.

Le championnat sera serré, beaucoup d’équipes vont postuler pour les six premières places. Les seize équipes sont ambitieuses et peuvent être à la lutte pour les phases finales même si les deux promus doivent s’acclimater à la ProD2, je suis persuadé qu’ils vont le faire très rapidement. Il faut noter la très belle performance de Soyaux-Angoulême qui est invaincu après trois journées en ayant fait trois déplacements en quatre matchs. Tout va très vite dans cette ProD2 où tous veulent postuler pour le haut de tableau.

Nous avons pu voir lors du premier bloc avec les nombreuses victoires à l’extérieur que la ProD2 est de plus en plus homogène, quel est votre point de vue sur le championnat ?

J’avais dit que cette saison le championnat serait le plus relevé que nous ayons jamais connu. Grenoble et Perpignan sont deux grosses équipes qui descendent de Top 14, d’autres clubs sont en train de se structurer, Soyaux-Angoulême en est la preuve, tout comme Provence Rugby qui peut avoir des satisfactions sur ce premier bloc.

Je n’oublie pas les clubs historiques qui ont démarré un peu doucement à l’image de Mont-de-Marsan mais nous savons qu’ils seront au rendez-vous tout au long de la saison. Colomiers revient en forme par rapport à la saison dernière. Le premier bloc de Nevers est un accident de parcours, ils seront là tout au long du championnat.

Nous savons qu’il nous sera difficile de nous trouver dans le haut de tableau, mais s’il y a du travail et du plaisir il n’y a pas de raison que nous n’y soyons pas.   

La satisfaction de ce début de saison c’est le nombre de JIFF et de joueurs formés au club sur chaque feuille de match. 

C’est une confirmation que le club continue de se structurer sur la formation. Après quatre matchs nous atteignons une moyenne de 16,5 JIFF en moyenne par feuille de match, ce qui n’est jamais arrivé à Oyonnax. L’équipe est compétitive avec des jeunes issus du Centre de Formation qui intègrent le groupe professionnel. Je remercie l’association pour ce travail et les  joueurs pour leur engagement dans ce projet.

Les supporters ont répondu présents lors des deux premières journées au stade Mathon malgré des horaires atypiques, est-ce que vous avez la sensation que le lien entre le public et son équipe est en train de se renforcer ?

L’ambiance était belle, dans les vestiaires les joueurs étaient impressionnés d’avoir un tel soutien du public. Il y avait certes du beau jeu mais nous retrouvions quelque chose que nous avions perdu. Cela doit motiver les joueurs à se surpasser et j’espère que nous serons de plus en plus nombreux à pousser derrière l’équipe dans les matchs à venir.

Vous aviez parlé au mois de juillet dernier de la nouvelle bodega qui devrait voir le jour en fin de saison, qu’en est-il de l’évolution du projet ? 

Nous continuons de travailler avec Haut-Bugey Agglomération et la Région Auvergne Rhône-Alpes. HBA portera ce projet qui est encore en construction mais dont l’objectif reste une ouverture en début de saison prochaine.

Le club fête cette année ses 110 ans d’existence, est-ce qu’un événement est prévu pour cette date symbolique ?  

Je vous l’annonce officiellement, les 110 ans du club seront fêtés le samedi 30 novembre à la salle Léon Emin. Nous avons voulu marquer le coup autour d’une grande soirée ouverte au public avec beaucoup d’événements et d’animation. Nous l’avons voulu le plus accessible et le plus populaire possible, nous espérons y voir nombre de nos supporters mais également beaucoup d’anciens joueurs.

Cela nous permettra de parler de notre histoire. La décennie qui vient de passer est celle qui nous a permis d’accéder au plus haut niveau du rugby professionnel. Il y a eu des faits marquants. Nous avons remporté à deux reprises le titre de Champion de France de ProD2 et nous avons disputé un match de barrage qui nous a permis d’accéder à la Champions Cup et recevoir des clubs prestigieux comme les Saracens, multiples Champions d’Europe.

Je pourrais citer beaucoup de joueurs qui ont marqué cette décennie, mais j’en retiendrai un en particulier : Lukas Rapant. Lukas a arrêté sa carrière à Oyonnax et c’est le joueur qui a disputé le plus de matchs professionnels avec notre club. Il représente l’image et l’idée que nous souhaitons de nos joueurs, il est très attaché à ce club et à notre territoire et il est toujours parmi nous.

C’est à travers ces joueurs-là que nous voulons fêter nos 110 ans, ceux du monde professionnel mais également les plus jeunes et les plus anciens qui ont construit l’histoire du rugby à Oyonnax.